Quatre noms à retenir. Lisa Cornez, Lilou Dissaux, Jules Cuenot, Anatole Siabas-Simon. Deux garçons, deux filles. Trois céistes, un kayakiste.
Née en 2010, Lilou Dissaux est la plus jeune des quatre. Encore cadette, elle a néanmoins été sélectionnée en équipe de France junior sur la base des résultats qu’elle a obtenus lors des piges nationales à Vaires-sur-Marne. Comme ses camarades qui, eux, sont de 2008.

Tous les quatre représentent l’avenir du club en compétition et s’apprêtent à entamer une saison internationale qui les conduira à Halifax (Canada) pour les championnats du monde, Szeged pour les championnats d’Europe et peut-être (ils l’espèrent en tout cas) à Tarente (Italie) pour les Jeux méditerranéens. Tous les quatre sont enracinés dans l’Arrageois dont ils sont originaires, sauf Anatole Siabas-Simon qui est né à Pabu en Bretagne, région natale de sa maman. « Mais ça fait dix ans que j’habite ici », explique-t-il.

Un jour aux Jeux ?
Ambitieux tous autant qu’ils sont, ils ne s’interdisent rien. Y compris d’aller un jour aux Jeux olympiques qui constituent leur rêve d’athlète… « Et le plus tôt sera le mieux ». Pour Los Angeles ce sera un peu court mais pour Brisbane, c’est possible. Pour eux, l’exemple à suivre est celui d’Adrien Bart (trois participations): « il est inspirant, il nous a montré que rien n’est impossible ». Pressés les petits jeunes ? Pas forcément, ils veulent surtout profiter à plein de leurs jeunes années avant d’entamer leur carrière professionnelle qu’ils préparent déjà activement. Le bac cette année sauf pour Lilou qui est encore en seconde. Et puis les Jeux olympiques c’est seulement tous les quatre ans: mieux vaut ne pas laisser passer sa chance. Dans un coin de la tête, Jules Cuenot a déjà une petite idée de ce qu’il va faire: quelques années à l’international, avant de prendre du recul tout en restant dans la sphère du canoë-kayak, comme bénévole, pour s’occuper de l’école de pagaie par exemple.


Les bienfaits de la section sport
Tous les quatre ont déjà compris que le temps passe vite… Ils perçoivent cela au vu des années qui viennent de s’écouler. Entre les entraînements, les stages, les compétitions et le travail scolaire, il ne reste plus beaucoup de temps pour faire autre chose. Car évidemment, ils ne sont pas aujourd’hui en équipe de France sans avoir déjà beaucoup travaillé, sachant bien tout ce qu’ils doivent à la section sport, au collège Verlaine et au lycée Gambetta qui, en étroite collaboration avec le club, font tout ce qu’ils peuvent pour leur permettre de suivre leur double projet: sport et études. « On essaie d’être au meilleur niveau sur les deux tableaux… Sachant que nous sommes bien aidés pour que chacun soit optimal à l’école et dans le bateau », dit l’un. « Si on veut accéder au haut niveau, la section est indispensable » dit l’autre, bien conscient de la bienveillance et de l’aide apportée par les cadres et le professeur principal… Le club, lui, est toujours là pour négocier une absence, avancer un oral, aménager un emploi du temps.

Sous les couleurs des Hauts-de-France
Quand la section sport accueille de jeunes athlètes du club pour leur permettre de mener de front canoë-kayak et études, il y a une logique évidente. C’est le cas d’Anatole qui a imité son père pratiquant en loisir ou de Lisa qui accompagnait sa sœur Tatiana. En revanche pour Jules et Lilou, rien ne laissait penser qu’ils arriveraient jusque là. Jules avait fait de l’athlétisme et du karaté, Lilou de la gymnastique. Mais l’un et l’autre avaient arrêté. Ils ont repris le sport en intégrant directement la section en 6e sans jamais avoir tenu une pagaie. Ils ont adhéré et ont progressé rapidement. La section les a révélés, ils se sont trouvés. Pourtant les débuts n’ont pas été faciles au moment où le fonctionnement de l’école de pagaie a été perturbé par la crise sanitaire de la covid.
Très vite, ils ont été amenés à faire un choix : kayak ou canoë. C’est une question de sensation: le kayak pour être proche de l’eau, le canoë (a priori plus difficile aux tout débuts) pour être plus haut. Les entraîneurs et les cadres n’interviennent pas dans ce choix, ils accompagnent la progression des jeunes athlètes et composent les équipages lorsque vient le temps de préparer les premières compétitions : la question des bordées est cruciale. Tous les quatre ont connu les championnats de France minimes disputés sous les couleurs de l’équipe des Hauts-de-France. C’est la découverte des premiers grands rendez-vous, avec toute la préparation qui va avec : les échauffements, les plans de course. Rien n’est alors définitif d’autant que la maturité physique des athlètes est plus ou moins précoce, mais déjà il faut apprendre à gérer son stress.

Premières sélections nationales
Nos quatre jeunes Immercuriens ont connu là les joies des premiers podiums. Ensuite, cela peut aller très vite car en cadets, il y a la possibilité d’entrer en équipe de France pour disputer les Olympic Hopes. « Je n’étais pas programmée pour cela » dit Lilou. C’est même un moment un peu délicat à gérer car il faut que les parents adhèrent au projet; ils ont des craintes très légitimes; ils ont peur du surmenage. « Ma mère se plaint que je ne suis jamais là, poursuit Lilou. Ce qui est vrai ». Mais à cet âge là l’ambition va grandissante, on veut gagner des courses, vivre des moments inoubliables et poursuivre son rêve. Les Olympic Hopes, « c’est la découverte du niveau international » explique Lisa qui reconnait avoir eu un peu de mal mentalement. « On voit le décalage avec les autres pays ». Physiquement aussi ce n’est pas évident. « J’ai eu jusque sept courses dans la journée: ça fait beaucoup. Il faut manger un peu, se poser dès qu’on peut, savoir faire une petite sieste ». Bien préparée mentalement, Lisa s’est adaptée et a connu trois fois les joies du podium avec le C4 de l’équipe de France. Lilou aussi a tout fait, avec pas moins de quatre médailles. Et « plus on gagne, plus on veut gagner ».

L’été sera riche
Dans quelques jours (28 juin – 6 juillet), on retrouvera donc nos quatre Immercuriens au Canada pour les championnats du monde juniors. C’est une marche supplémentaire dans leur jeune carrière. Ce ne sera pas facile mais ils ne manquent pas d’ambitions. Jules Cuenot voudrait entrer en finale du mono et du C2 et tirer des enseignements pour plus tard. Pour Anatole Siabas-Simon, entrer en finale du K4, « ce serait bien ». Quant aux filles, Lisa et Lilou, elles visent le Top 5 du C4 dames. « Tout le monde se met dans l’objectif ».
« C’est toujours bien de se frotter à plus fort » poursuit Lilou qui se sent prête mentalement. « Physiquement on s’entraîne au maximum. Ensuite il y aura les championnats d’Europe (20-27 juillet) auxquels Lisa a déjà participé. Forte de son expérience, bien préparée et compte tenu des chronos, elle ambitionne de monter sur le podium. Mais, dit-elle, « cela reste à prouver ». Pour cela, il faudra avoir digéré les championnats du monde. Ce qui devrait pouvoir se faire relativement facilement car, cette année, les internationaux sont exemptés de championnats de France. Quoi qu’il arrive l’été sera riche pour le quatuor de l’ASL, surtout s’il peut aussi participer aux Jeux méditerranéens. « L’absence des seniors libère de la place, nous avons une chance de pouvoir y aller ». Là encore ce serait une très belle expérience avant de penser à aller plus loin. Après la catégorie junior, il y a les U23 où ils rejoindront Nathan Jeannest (nous reviendrons sur lui). C’est la catégorie marchepied pour les seniors. Et là, c’est une autre histoire.

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